trainquejaime

20 mars 2005

La gare d'Eymet en vidéo reportage suivie d'un interview à ce sujet

Un reportage photo en gare d'Eymet et sur les traces des vestiges ferroviaires de la ligne Bordeaux-Eymet
réalisé en Mars 05

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Voilà un interview me concernant et concernant ce reportage en particulier

Dans un langage très simple, puisque il retranscrit dans son intégralité l'interview oral, tel qu'il était, il permet de suivre pas à pas ce reportage et de saisir ma démarche générale et ses origines

(réalisé par: voiesecondaire
pour le blog:
http://trainquejaime.canalblog.com)
diffusé avec l'autorisation de l'auteur

Escarbille, pourquoi avez-vous choisi la ligne Bordeaux-Eymet comme sujet d'étude et en particulier la gare d'Eymet?

J'ai fait une étude sur les voies ferrées ayant existé dans la vallée du Dropt.
La gare d'Eymet était un noeud ferroviaire régional voyant passer 22 trains par jour et les vestiges subsistants sont importants et la plupart conservés dans leur état d'origine.

Qu'avez-vous choisi de montrer et de mettre en avant par ce montage?

Au début, on est dans la cour de la gare, qui est utilisée par des services municipaux. On passe sur le quai et on explore les installations purement ferroviaires qui subsistent. Une gare de marchandise en partie transformée, et utilisée en salle de spectacle, c'est assez amusant, ils ont transformé le côté qui est visible. Le quai de marchandise avec l'emplacement circulaire de la grue de manutention. Ensuite nous voyons le mur de soutènement, la gare étant construite à flanc de colline. Nous tournons autour de l'ancien dépot de locomotive qui servait à abriter les machines qui avaient terminé leur voyage le soir à Eymet parce que c'était le bout des lignes de Bordeaux et de Villeneuve sur Lot. Elles passaient leur nuit ici et reprenaient le service le lendemain matin ainsi que leur personnel de conduite qui était hébergé sur place dans le bâtiment attenant à la remise. (le bâtiment étroit aux murs couleur rosé).
Pour finir nous avons la remise construite en béton en 1931 pour l'ouverture de ligne de Villeneuve sur Lot. C'est elle qui a servi de centre de secours plus tard.

Non loin, le château d'eau avec ses deux cuves en acier servant à alimenter les locomotives à vapeur. C'est un imposant édifice de 15 mètres sur 5 au sol , et de 9 mètres de hauteur. Avec 22 trains de passage ou en terminus, les locos qui étaient toutes ravitaillées au matin, les quantités d'eau devaient être importantes et le château d'eau était alimenté une fois par semaine environ. L'employé s'occupait des autres châteaux d'eau d'Yssigeac, Miramont, Duras et St Martin du Puy.
Pour la petite histoire lorsqu'il y avait eu la conférence de Patrice Durbain en 1999 à Eymet, j'ai personnellement rencontré une parente de cet employé.
La conservation des cuves est exceptionnelle, car le plus souvent elles sont démontées et ferraillées à la fermeture des lignes.
Cette conservation ici, s'explique par la probable utilisation de la ville pour le réseau d'eau potable, la gare dominant la ville et rien ou pratiquement n'étant construit au-dessus de la gare, sauf quelques petites maisons que l'on peut voir vers la fin du montage et qui témoignent de l'accroissement de l'urbanisation à l'époque de l'avènement du chemin de fer dans la vallée.

Le château d'eau était alimenté par une station de pompage à vapeur à l'époque des prises de vue, en restauration, avec sa grande cheminée de brique rouge, dont le conduit est légèrement vrillé. Aucun risque pour les visiteurs, elle est armée de tige de fer à l'intérieur. Ils ont eu des problèmes à Marmande pour démolir une cheminée similaire tellement l'assemblage est résistant dans ces cas là. A l'intérieur de la station de pompage, on voit l'emplacement de la chaudière et les tuyauteries d'alimentation du château d'eau.

La station était reliée à la plateforme de la gare par un escalier en pierre.

Un pont à deux voies franchissait le Dropt (rivière affluente de la Garonne), la première voie donnait la direction de Bergerac et de Villeneuve, la deuxième voie étant celle d'accès au dépot.
Personne ne connaît l'utilisation des crochets metalliques situés sous le tablier du pont? Peut-être ont-ils servi à un passage de cables ou de tuyauteries, mais leur disposition et leur fréquence est tout à fait inhabituelle.
Ce pont, bel ouvrage dont on peut constater le biais sur les photos, a été conservé comme passerelle autrefois routière, à présent piétionnière. Le train ne passe plus depuis 1953.

Nous revenons ensuite, en surplomb de la gare, nous voyons quelques villas 1900-1920 construites au-dessus de la gare, ainsi que les rigoles qui ont canalisé des petits cours d'eau existants avant la construction de la gare, montrant le soin apporté à la mise hors d'eau d'eau des installations ferroviaires. Le montage se termine sur l'ex Café de la Gare omniprésent à proximité de toute gare française.

Dans une bourgade voisine, il subsiste une habitation flanquée d'une terrasse couverte à galerie qui était elle aussi le café de la gare et un haut lieu de réunion de la jeunesse locale lorsqu'il n'y avait aucun match de foot dans la région. Les autres dimanches la jeunesse s'y rendait également, mais pour prendre le train qui les conduirait vers les divers terrains de sport.

C'est très interessant parce que ça fait revivre des moments que l'on n'a pas connu à notre génération. Avez-vous d'autres réalisations du même type, ce travail s'inscrit-il dans une série de travaux sur un thème précis?

J'ai réalisé la maquette de deux des gares de la ligne Bordeaux - Eymet avec du matériel roulant de l'époque au moment où on a célébré le centenaire de l'inauguration de cette ligne. Avec un tronçant de pleine ligne évoquant les paysages locaux avec polyculture, ferme-grange et pigeonnier.
J'ai construit aussi ultérieurement un module comportant les deux têtes du tunnel de La Sauve Majeure (33), le seul tunnel de la ligne.
Sur ce qui subsiste des cinq voies ferrées de la vallée du Dropt, j'ai produit 200 photos qui ont été montées en divers diaporamas, dont l'un a pour sujet l'ancienne gare de Mesterrieux (33) et sera bientôt diffusé.
J'ai écrit un résumé dans une publication locale au sujet du matériel roulant de la ligne et des vestiges ferroviaires de la vallée du Dropt.
Je me suis appuyé sur l'ouvrage de Patrice Durbain: Le chemin de fer de l'Entre-deux-mers (édition du CLEM, présentement épuisée).
Sur la vallée du dropt en général, il existe ce site:
http://www.valleedudropt.com/train.htm

Où l'on peut consulter de nombreuses rubriques relatives à cette vallée.

D'où vous vient cet intérêt pour la vallée du Dropt et ses installations ferroviaires?

C'est vrai que pendant longtemps j'avais caressé un autre projet de maquette, ayant trait au réseau des chemins de fer économiques de la Gironde que j'ai connus dans mon enfance et dont j'ai vu les trains circuler sur Bordeaux-Lacanau et sur St Symphorien-Arès.
Ces lignes avaient un balast de sable, ce qui est très intéressant par rapport aux lignes traditionnelles, seuls deux départements comportaient cette particularité: le réseau des VFL (voies ferrées des Landes) et le réseau des chemins de fers économiques de la Gironde.

Qu'est-ce qui vous en a détourné?

L'opportunité de participer aux manifestations commémoratives du centenaire de la ligne en question (Bordeaux-Eymet) me permettant de réaliser des maquettes similaires à celles que je voulais réaliser au départ. Etant allé sur le terrrain pour photographier et m'inspirer de la réalité locale, je me suis véritablement passionné pour ce projet plus intime et mieux circonscrit.

Pourquoi le choix de musique basque?

Ca c'est la colle!
Vivant pas mal au pays basque, passionné de musique basque en particulier rock basque, j'ai choisi ce morceau, plutôt mélodique du groupe Akelare, qui s'adaptait bien au rythme de mon montage.

La chanson s'appelle Karolina, album live AKELARE 1997 AGORILA (diffusion sur Bayonne Megadenda par exemple ou magasin et gdes surfaces )

Le nom choisi pour le labo montage de mes vidéos en général:
Lurreleklokorea, est un mot inventé par moi, composé à partir de racines de mots basques voulant signifier en gros à mes yeux: vapeur électricité locos

J'ai réalisé aussi tout un ensemble de module en HOe évoquant la région labourdine, son ambiance villageoise et ses gares.
Ce travail est davantage une oeuvre de fiction, mélangeant réalité et éléments exacts à mon imaginaire.
Ce travail est présenté sur l'un de mes blogs ferroviaires.

photos:
http://trainquejaime.canalblog.com/albums/euskalgeltokia/index.html

diaporama:
http://trainquejaime.canalblog.com/albums/euskalgeltokia/slideshow/index.html

D'où vient cet intérêt pour le Pays basque, et gascon, avez-vous des origines basques?

Moi non, mais les personnes que je rencontre, cottoie et apprécie, si!
L'une de mes langues est l'espagnol, une autre l'occitan.

D'où vient votre engouement pour le "fait ferroviaire" et l'archéologie industrielle?

Aucune explication rationnelle, il y en a peut-être une qui vaut ce qu'elle vaut: quelques mois avant ma naissance, mes parents ont participé à un jamboree (rassemblement mondial de scouts), ils s'y sont rendus en train et le camp s'étallant sur trois km était desservi par un decauville (train à voie de 60 cm d'écartement)
L'archéologie industrielle est un sousproduit de cette intérêt. Lorsqu'on commence à se pencher sur certaines structures et environnement indistriels, l'intéret s'ouvre envers d'autres domaines du même type.

Donc un intérêt éveillé à une époque intra utérine!!!
Ce qui se manifesta de quelle manière et vers quel âge?

A trois ans et demi, lorsque j'accompagnais mes parents au jamboree suivant! mes anciens souvenirs conscients datent de là. Notemment c'était le tramway de Insbrück à Hall im Tyrol dont je garde une très nette image.
D'abord je regardais les trains, ensuite par les trains jouets auxquels je portais ma préférence sur tous les autres jouets, puis plus tard par la lecture de revues ferroviaires que me portait mon parrain, lui-même employé comme contrôleur principal à la SNCF.

Et la maquette?

J'ai eu mon premier train électrique à onze ans, je l'ai complété par d'autre matériel roulant, de la voie, puis j'ai installé un premier réseau fixe de 4m sur 1,50m avec 30 mètres de voies.

J'ai continué cette activité après mon mariage, lorsque je suis devenu propriétaire pouvant aménager à cette fin, à ma guise les combles de la maison.
Acutuellement le réseau se développe sur 12 m2, avec 50 m de voies en HO, et 9 m en HOe.
J'ai construit la quasi totalité des bâtiments du réseau, ainsi que quelques pièces de matériel roulant. L'exploitation du réseau est analogique avec 4 postes de commande.
Il comporte une ligne en ovale à double voie, un embranchement à voie unique, et une ligne à voie étroite.
En phase définitive, il y aura 4 gares en HO, 2 gares et 2 haltes existent sur la ligne à voie étroite.

vous le retrouvez à cet endroit

Etes-vous membre de clubs de maquettistes?

De l'AMFI (association des modélistes ferroviaires indépendants) qui fédère des amateurs loin de toute structure de club.

Posté par KNTHMH à 01:03 - Vallée du Dropt - Commentaires [0] - Permalien [#]

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